Je vous propose de questionner la relation de la danse à la poésie. Dans ce questionnement nous pouvons partir d'un article de Michèle Finck intitulé : Poésie moderne et danse : le corps en question.
Je vous expose ici son introduction problématique :
Aussi la question du rapport entre la poésie et la danse se pose-t-elle, à l’époque moderne, en termes radicalement nouveaux et avec une urgence accrue. L’avènement de la modernité, ligne de faille historique et métaphysique, est le centre générateur d’une redéfinition de l’échange entre poésie et danse : il y va du salut de la poésie. Voici la question centrale : pourquoi la danse peut-elle apparaître, pour la poésie, comme une sorte d’Art-Mère qui redonne sens et substance aux mots ? Et voici mon hypothèse : si la poésie moderne pressent que la danse peut être une voie vers le sens, c’est que la quête poétique a désormais pour pierre angulaire une interrogation du corps. La poésie moderne est par le corps ou n’est pas. L’acte fondateur de la modernité est le questionnement du corps (la " question " est aussi, conformément à l’étymologie, une " torture "): comme l’écrit Yves Bonnefoy, " le corps, le lieu (…) sont (…) le nouvel horizon et le salut du discours ".
Dans le dialogue entre la poésie et la danse, à l’époque moderne, il y a un " grand intercesseur ", Nietzsche . Le danseur est la figure la plus accomplie du philosophe : " Je ne sais rien qu’un philosophe souhaite plus qu’être un bon danseur . Car la danse est son idéal, son art aussi, sa seule piété enfin : son ‘culte’ "( Le Gai savoir). Pour Nietzsche, manquer à la danse et à la musique, c’est manquer la vie : " Qu’il soit perdu pour nous, le jour où nous n’avons pas dansé " (Ainsi parlait Zarathoustra).
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