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Samba

analyse

Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /Mai /2008 13:01

 

21 mai 2008

 

Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et pour le développement

 

 



Déclaration Universelle de l’ UNESCO sur la diversité culturelle

 

 

 

   

Article 7 . Le patrimoine culturel, aux sources de la créativité

 

 

« Chaque création puise aux racines des traditions culturelles, mais s’épanouit au contact des autres. C’est pourquoi le patrimoine, sous toutes ses formes, doit être préservé, mis en valeur et transmis aux générations futures en tant que témoignage de l’expérience et des aspirations humaines, afin de nourrire la créativité dans toute sa diversité et d’instaurer un véritable dialogue entre les cultures. »

 

 

Ce dialogue entre les cultures, nous pouvons le retrouver au travers du fado :  expression d’une identité portugaise construite autour de la saudade, et fruit d’un métissage culturelle.

 

Revenons ici sur ce métissage

 

 «  Le fado appartient à la famille des danses umbigada ( « nombril contre nombril » ) qui a donné naissance à la samba. Avec le fofa et le lundu, il serait l’une des nombreuses  versions  profanes des manifestations religieuses de terreiro apportée par les bantous du Congo, d’Angola et de Mozambique au Brésil, et nous le verrons bientôt,  et au Portugal. Le lundu, dans un processus pour ainsi dire inverse à celui de la génèse du carnaval brésilien, aurait très vraisemblablement été dansé par les Noirs et regardé par les blancs au rythme de percussions africaines comme le batuque et l’agogo.

 

A côté ou plutôt en profonde interaction avec ces éléments afro-brésiliens, seraient intervenus des éléments chorégraphiques d’origine ibérique : en particulier le fandogo espagnol de Séville, qui appartient au genre du flamenco andalou et dont on peut estimer qu’il était connu au XVIII ème siècle à la fois au Portugal et en Amérique latine. Le fandango, dansé au rythme de la viola est notamment caractéridé par l’ondulation des bras en arc levés au dessus de la tête et les doigts écartés, ce qui est typique des danses méditerranéennes.

 

Telles seraient les deux composantes majeures à partir desquelles on peut tenter d’expliquer la généalogie du fado. C’est en tous cas ce qui peut être repéré aussi loinqu’il soit possible de remonter dans le temps depuis le XVII ème siècle jusqu’aux années 1825. Pour mieux comprendre ce processus de métissage et étayer l’hypothèse de la rencontre au brésil du lundu bantou et du thème de la saudade portugaise , un autre élément doit être mentionné : le mot lundu a la même racine que calundu, cérémonie religieuse afro-brésilienne dans laquelle la dimension chorégraphique est importante ainsi que kilundu, divinité bantou secondaire responsable du destin individuel. » Cf  Laplantine F., De Rio de Janeiro à Lisbonne, du fado danse au fado chanté. La question des origines afro-brésiliennes du fado.

 

 

Vidéo : Documentaire brésilien sur la danse umbigada (1/2)

 

 

Vidéo : Documentaire brésilien sur la danse umbigada (2/2)

 

 

 

Vidéo : démonstration de lundu  

 

L’UNESCO a proclamé, en 2005,  la samba de roda de Recôncavo  au patrimoine de l’humanité, cette samba nous rappel à nouveau la diversité et le métissage des cultures.

   

 La Samba de Roda est une manifestation festive populaire mêlant musique, danse et poésie. Apparue au dix-septième siècle dans l’État de Bahia, plus précisément aux environs de Recôncavo, elle procède des danses et traditions culturelles des esclaves africains de la région. Elle a également intégré des éléments de la culture lusitanienne, notamment la langue, la poésie et certains instruments de musique. Initialement composante majeure de la culture populaire régionale des Brésiliens d’origine africaine, la Samba de Roda a été apportée par les migrants à Rio de Janeiro où elle a influencé la samba urbaine, devenue au vingtième siècle le principal marqueur de l’identité nationale brésilienne.

Elle rassemble les gens pour des occasions spécifiques telles que la célébration des fêtes catholiques populaires ou des cultes afro-brésiliens, mais aussi de façon spontanée. Toutes les personnes présentes, même les novices, sont invitées à se joindre à la danse, l’observation et l’imitation constituant le moyen privilégié d’apprentissage. L’une des principales caractéristiques de cette samba est qu’elle réunit les participants en cercle, le mot roda faisant référence à un cercle. Généralement, seules les femmes dansent l’une après l’autre au centre du cercle formé par les autres danseurs qui chantent en tapant dans leurs mains. La chorégraphie est souvent improvisée et basée sur des mouvements des pieds, des jambes et des hanches. L’un des mouvements les plus typiques est le fameux umbigada d’influence bantoue, signe par lequel la danseuse désigne celle qui lui succède au centre du cercle. Des pas spécifiques comme le miudinho, l’emploi d’instruments raclés et de la viola machete, petit luth à cordes pincées originaire du Portugal, ainsi que les chants à répons, sont d’autres traits distinctifs de cette samba.

L’influence des médias et la concurrence de la musique populaire contemporaine contribuent à dévaloriser cette samba aux yeux des jeunes. Le vieillissement des praticiens et la diminution du nombre d’artisans capables de fabriquer certains des instruments sont des menaces de plus pour la transmission de la tradition.

 

 

Vidéo : Documentaire sur la samba de roda

Par carlinhos - Publié dans : analyse
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Lundi 2 avril 2007 1 02 /04 /Avr /2007 15:30

Suite à  notre article  Deleuze et l'acte de création, je vous présente une création chorégraphique qui pourra illustrer les propos de Deleuze en matière de danse. En effet, les chorégraphes Héla Fattoumi et Eric Lamoureux  nous présentent l'art comme une nécessité, un absolu.

" (...) N'est-il pas une necessité qui alimente la quête personnelle et commune d'un trajet de vie qui nous pousse à sonder le sens de notre inscription au monde ? En ce qui nous concerne, nous voulons par ces mots le ( ré)affirmer avec détermination : Une société humaine est une société qui tente de réinventer sans cesse les conditions du renouvellement de ses valeurs profondes, de sa cohésion, de la richesse intérieure de ses concitoyens. Nous contribuons humblement à réinscrire sans relâche la présence de l'Art, à militer pour sa nécessité à l'heure du réalisme économique et des multiples approches comptables qui s'étendent à toutes les activités humaines."

Nous voyons ici -comme Deleuze tente de nous le faire comprendre dans l'acte de création - UN ACTE DE RESISTANCE.

Création chorégraphique : 1000 DÉPARTS DE MUSCLES

17 - 18 avril 2007

Théâtre de CAEN

“Le dualisme de la modernité a cessé d'opposer l'âme

au corps, plus subtilement il oppose l'homme à son

propre corps à la manière d'un dédoublement. Le corps

détaché de l'homme, devenu un objet à façonner, à

modifier, à moduler selon le goût du jour, vaut pour

l'homme, en ce sens que modifier ses apparences

revient à modifier l'homme lui-même.”

David LE BRETON dans Anthropologie du corps et

modernité

Note d’intention

Cette nouvelle pièce correspond à notre désir d’explorer les multiples variations du champ

musculaire dans une société qui, de plus en plus, stigmatise celui-ci aux potentialités de

force, de puissance, de tonus, de réussite, mais également aux diktats du paraître et de la

modélisation des corps.

Sculptées, redessinées, façonnées, les silhouettes doivent s’affiner et s’affermir au prix

d’une discipline sévère et d’exercices souvent aliénants.

Le mythe d’un corps idéal, magnifié, et éternellement jeune alimente tout un marché du

« bien-être et de la forme » faisant des salles de gym les nouveaux lieux de culte du

citadin où l’on vient (re)chercher l’ « épanouissement personnel », encouragé par un coach

et l’émulation du groupe.

1000 DÉPARTS DE MUSCLES propose de questionner cette réalité de société et ces

pratiques qui véhiculent un modèle et des représentations du corps qui le transforment en

un objet, un avoir, et par là même, le dépouillent de son être, le vident de sa substance

vivante. Échappant à cette logique, la danse et le corps du danseur nous permettront de

nous saisir de ces objets et rituels du culte du corps pour déjouer leur vocation initiale et

jouer des états de corps qu’ils génèrent.

En puisant dans le catalogue abondant des accessoires de remise en forme et de modelage

du corps (sacs de frappe, ballons de rééducation, bandes de musculation, steps …), la

danse permettra de réhabiter les corps dans un contexte où ils sont d’habitude dépourvus

d’eux-mêmes et de les investir d’une empreinte poétique…

Interrogeant l’uniformisation des corps, nous avons choisi de réunir à nos côtés huit

danseurs dont la diversité des physionomies et des qualités physiques nous permettront de

jouer sur les contrastes et d’explorer la palette des intensités de variations musculaires.

Ces expériences physiques se concentreront sur des nuances de mouvement reliées aux

différents états du muscle : contraction/décontraction, tension/abandon, étirement

/relâchement… La danse délivrera de minuscules ou spectaculaires évènements révélant,

nous l’espérons, la puissance poétique du vivant…

Héla Fattoumi et Eric Lamoureux

Visionner les répétitions : http://www.transatvideo.org/danse/

Par carlinhos - Publié dans : analyse
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